Sites pour apprendre gratuitement : notre sélection commentée
Taper « apprendre gratuitement » dans un moteur de recherche, c’est tomber sur des listes de cinquante sites où se mélangent vraies ressources ouvertes, versions d’essai qui deviennent payantes au bout de sept jours et plateformes qui réclament votre carte bancaire « pour vérifier votre identité ». Pourtant, il existe en français une offre gratuite remarquable, souvent publique, parfois universitaire, et presque toujours méconnue. Voici les sites que nous recommandons, classés par usage, avec pour chacun qui le publie, ce qui est réellement gratuit et ce qu’il faut en attendre.
Avant de vous inscrire : trois vérifications
Un site d’apprentissage gratuit mérite les mêmes questions que n’importe quel service en ligne. Qui le publie : une université, un établissement public, une association, une entreprise ? Qu’est-ce qui est gratuit : le cours entier, un premier chapitre, ou seulement la consultation sans exercices ? Que devez-vous fournir pour commencer : une simple adresse e-mail, ou un moyen de paiement ? Un vrai service gratuit ne vous demande jamais de carte bancaire pour ouvrir un cours. Et si un site vous semble trop beau pour être vrai, notre méthode pour savoir si un site est fiable vous dira en quelques minutes qui se trouve derrière.
Gardez aussi en tête qu’un certificat et un apprentissage sont deux choses différentes. Beaucoup de plateformes donnent accès gratuitement au contenu et font payer l’attestation, l’examen surveillé ou l’accompagnement. Ce n’est pas une arnaque, c’est un modèle : à vous de savoir si vous avez besoin du papier ou seulement du savoir.
Suivre des cours d’université : FUN MOOC, Canal-U, Collège de France
FUN MOOC est la plateforme publique française des cours en ligne ouverts, les MOOC. Elle est opérée par France Université Numérique, un groupement d’intérêt public, et rassemble des cours conçus par des universités et des grandes écoles, sur des sujets qui vont du droit du travail à l’astronomie. Les cours se suivent gratuitement par sessions, avec vidéos, lectures, quiz et forums. Un badge de suivi, gratuit, peut être obtenu en réussissant les exercices ; certaines formations proposent en plus une certification payante. Inscrivez-vous tôt : un MOOC a des dates d’ouverture et de clôture, et les forums s’animent surtout au début.
Canal-U est la vidéothèque de l’enseignement supérieur et de la recherche, portée par la Fondation Maison des sciences de l’homme. On y trouve en libre accès des milliers de cours, conférences, documentaires et podcasts produits par des universités et des organismes de recherche, en sciences de la vie, sciences de l’ingénieur et sciences humaines. C’est l’endroit où chercher une conférence de référence sur un sujet précis, sans inscription.
Le Collège de France applique une règle presque unique au monde : ses cours, séminaires et colloques sont gratuits et ouverts à tous, sans inscription ni diplôme requis. Si vous n’habitez pas à Paris, une grande partie de ces enseignements est proposée en audio et en vidéo dans la rubrique « Audios & vidéos » du site, ainsi qu’en podcasts. Le niveau est celui de la recherche : on n’y apprend pas les bases, on y découvre l’état d’un savoir raconté par ceux qui le font avancer.
Réviser et accompagner les enfants : Lumni et Khan Academy
Lumni est la plateforme éducative de l’audiovisuel public. Lors de son lancement, le ministère de la Culture présentait plus de 10 000 contenus pédagogiques pour les 3 à 18 ans, en lien avec les programmes de la maternelle à la terminale, accessibles gratuitement et sans publicité. France Télévisions et l’INA la pilotent, avec Radio France, France Médias Monde, TV5MONDE et Arte. Vidéos courtes, quiz et fiches y sont classés par niveau et par matière : c’est la première adresse à donner à un collégien qui bute sur une notion.
Khan Academy est une association à but non lucratif américaine dont la version française propose des vidéos et surtout des exercices corrigés, très riches en mathématiques. Tout est gratuit et sans publicité, et un enfant peut progresser à son rythme, un parent ou un enseignant suivant ses résultats. Le catalogue français est moins fourni que l’anglais dans certaines matières : vérifiez que votre niveau est couvert avant de construire un programme dessus.
Se former au numérique et aux langues : Pix et Duolingo
Pix est le service public en ligne pour évaluer et développer ses compétences numériques, créé par l’État en 2016 sous forme de groupement d’intérêt public. Le test en ligne est gratuit : vous créez un compte, répondez à des défis concrets (retrouver une information, protéger un fichier, organiser des données), et le site mesure votre niveau domaine par domaine en vous indiquant quoi travailler. La certification officielle, elle, se passe en centre agréé ; elle est éligible au compte personnel de formation. Pour un demandeur d’emploi ou quelqu’un qui veut prouver sa maîtrise de la bureautique, c’est un repère reconnu. Pour vous entraîner entre deux sessions, manipulez les services de notre sélection d’outils en ligne gratuits indispensables : compresser une image, fusionner des PDF ou envoyer un gros fichier relèvent du même type de manipulations concrètes que celles que Pix met à l’épreuve.
Duolingo reste l’application de langues la plus utilisée, et sa version gratuite permet d’avancer réellement, au prix de publicités et de quelques limitations levées par l’abonnement. Utilisez-la pour ce qu’elle fait bien : la régularité, le vocabulaire, la grammaire de base. Pour comprendre une langue parlée, il faudra compléter par de l’écoute, des lectures et des échanges réels.
Construire son propre programme sans se disperser
Le risque, avec autant de ressources gratuites, n’est pas de manquer de contenu mais de s’éparpiller. Fixez-vous un objectif concret et daté — réussir la certification Pix avant l’été, suivre un MOOC jusqu’au bout, lire un journal en anglais en six mois — puis choisissez une ressource principale et une seule ressource d’appoint. Bloquez des créneaux courts et fixes : vingt minutes quatre fois par semaine font plus que trois heures un dimanche sur deux.
Pour travailler vos exercices, rédiger des fiches ou construire un tableau de révision, inutile d’acheter une licence de traitement de texte : les suites présentées dans notre comparatif des alternatives gratuites à Microsoft Office suffisent largement. Et quand un cours vous renvoie vers des cartes, des statistiques ou des textes officiels, les sites officiels gratuits à connaître vous donneront accès aux sources de première main.
La bonne nouvelle, c’est que rien de tout cela ne coûte un euro pour commencer. La mauvaise, c’est que la gratuité rend l’abandon indolore : le premier MOOC que vous terminerez vous apprendra autant sur votre méthode que sur son sujet. Choisissez-en un ce soir, et notez sa date de clôture dans votre agenda.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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