Comment savoir si un site est fiable : sept vérifications simples

Par Agathe Morvan · Publié le

Meuble à fiches en bois aux tiroirs ouverts remplis de fiches vierges, sur un bureau éclairé le soir par une lampe en laiton

Un site bien présenté n’est pas forcément un site fiable. Il suffit aujourd’hui de quelques heures pour monter une page propre, avec un logo convaincant et des textes sans fautes, qui imite un service officiel, recopie les articles d’un autre ou pousse à télécharger un programme dont personne ne connaît l’auteur. À l’inverse, des sites austères sont d’excellentes sources. Pour trancher, inutile d’être informaticien : sept vérifications, dont la plupart prennent moins d’une minute, suffisent à savoir à qui vous avez affaire. Elles valent pour un site d’information, un outil en ligne, un service gratuit ou un site qui prétend représenter une institution.

1. Lire l’adresse, vraiment

Avant tout contenu, regardez le nom de domaine dans la barre d’adresse, lettre par lettre. Les imitations jouent sur une lettre doublée, un tiret ajouté, une extension exotique ou un mot rassurant accolé au nom connu. Les sites de l’État se terminent le plus souvent par « .gouv.fr » ; un site en « .fr » est enregistré auprès de l’Afnic, l’association qui gère cette extension, par un titulaire identifié en Europe. Quant au cadenas affiché par le navigateur, il indique seulement que la connexion est chiffrée : un site malhonnête peut parfaitement en avoir un.

2. Chercher les mentions légales

Tout site professionnel doit dire qui l’édite. Le portail Entreprendre.Service-Public détaille par exemple ce qu’un entrepreneur individuel doit afficher : son identité, ses coordonnées dont une adresse e-mail et un numéro de téléphone, son numéro d’immatriculation, et le nom, l’adresse et le téléphone de l’hébergeur du site. Le défaut de ces mentions est puni d’un an d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

En pratique, descendez en pied de page et ouvrez « Mentions légales ». Une page absente, vide, copiée d’un modèle avec des champs non remplis, ou qui renvoie vers une société introuvable est un signal fort. À l’inverse, une raison sociale, un numéro SIREN et un directeur de la publication nommé se vérifient en quelques secondes dans l’annuaire des entreprises. Faites l’exercice sur ce site : nos mentions légales, en pied de page, donnent l’éditeur, son SIREN et notre hébergeur.

3. Vérifier l’âge du domaine

Un site qui se présente comme « leader depuis vingt ans » mais dont le domaine a été enregistré le mois dernier ment sur un point au moins. L’outil de recherche officiel de l’ICANN, lookup.icann.org, affiche pour la plupart des noms de domaine la date de création, la date d’expiration et le bureau d’enregistrement. Le nom du titulaire est souvent masqué, en particulier pour les particuliers européens, protégés par le RGPD : son absence n’est donc pas suspecte en soi. C’est la date qui compte, confrontée à ce que le site raconte de lui-même.

4. Remonter son histoire

La Wayback Machine de l’Internet Archive conserve des copies de milliards de pages depuis la fin des années 1990. Tapez l’adresse d’un site pour voir à quoi il ressemblait il y a un, cinq ou quinze ans. Vous découvrirez parfois qu’un « média indépendant » était, il y a deux ans, une boutique de compléments alimentaires, ou qu’un domaine ancien a été racheté pour profiter de sa réputation. Un changement de propriétaire n’est pas une faute, mais un site honnête l’assume.

Nous avons fait l’exercice pour notre propre domaine : au début des années 2000, directenquiries.com abritait un annuaire britannique qui recensait l’accessibilité des commerces et services aux personnes handicapées. Nous en avons gardé l’esprit d’annuaire et l’attention à l’accessibilité, et nous le disons dans notre page « À propos ».

5. Consulter sa réputation

Cherchez le nom du site suivi de « arnaque », « avis » ou « escroquerie », et lisez les résultats qui ne viennent pas du site lui-même : forums, articles de presse, alertes d’organismes publics. Un seul témoignage négatif ne prouve rien ; une série de récits concordants, si. L’outil État des sites de Google Safe Browsing indique en outre si Google a détecté récemment sur un site des contenus dangereux, comme des logiciels malveillants ou des pages d’hameçonnage. Un résultat propre ne garantit pas l’honnêteté du site, mais un signalement doit vous arrêter net.

6. Juger le contenu comme une source

Pour un site d’information, posez les questions d’un documentaliste. Les articles sont-ils datés et signés ? Les chiffres renvoient-ils à une source que vous pouvez ouvrir ? Le site distingue-t-il clairement ses contenus sponsorisés et sa publicité ? Corrige-t-il ses erreurs, et le dit-il ? Un site qui affirme beaucoup sans jamais citer, ou qui cite des « études » introuvables, ne mérite pas votre confiance, même si son ton est posé. Vérifiez au moins une affirmation en remontant à la source d’origine : les sites officiels gratuits à connaître donnent accès aux données publiques de première main, et c’est souvent là que les approximations se révèlent.

7. Regarder le soin apporté aux lecteurs

Un site sérieux se soucie de tous ses visiteurs. En France, les sites publics doivent afficher dès leur page d’accueil leur niveau de conformité au référentiel d’accessibilité, le RGAA, qui compte 106 critères : « totalement », « partiellement » ou « non conforme », avec une déclaration d’accessibilité détaillée. Une mention « non conforme » n’est pas une preuve de malhonnêteté, mais une déclaration honnête et datée montre qu’un éditeur connaît ses obligations et ne se cache pas. Plus largement, un site saturé de fenêtres surgissantes, de faux boutons « Télécharger » et de redirections vous dit tout de ses priorités.

Et si le site ne passe pas le test ?

Ne lui confiez ni données, ni fichiers, ni paiement, et cherchez l’alternative publique ou reconnue : pour les outils du quotidien, notre sélection d’outils en ligne gratuits indispensables donne l’éditeur de chaque service ; pour les logiciels, téléchargez-les toujours sur le site de leur éditeur, comme nous le rappelons dans notre comparatif des alternatives gratuites à Microsoft Office. Pour apprendre, privilégiez les plateformes publiques ou universitaires de nos sites pour apprendre gratuitement.

Si un site trompe les consommateurs, vous pouvez le signaler à la répression des fraudes sur SignalConso ; s’il publie des contenus illicites, sur la plateforme Pharos. Et gardez l’habitude : la prochaine fois qu’un résultat de recherche vous semble parfait, prenez trente secondes pour lire son adresse et ses mentions légales avant de cliquer plus loin.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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