Alternative gratuite à Microsoft Office : quelle suite choisir ?
Écrire une lettre, tenir un budget dans un tableur, monter une présentation pour une réunion d’association : pour ces usages, payer chaque année une licence de suite bureautique n’a rien d’obligatoire. Plusieurs suites gratuites font aujourd’hui le travail, dont certaines depuis plus de dix ans, et deux géants proposent même leurs propres outils sans frais dans le navigateur. Elles ne se valent pas pour autant : la bonne dépend des fichiers que vous échangez, de l’endroit où vous travaillez et de ce que vous acceptez de confier à un serveur. Voici notre comparatif, sans parti pris, et la méthode pour choisir.
Trois critères avant de choisir
Le premier critère est la compatibilité. Si vous recevez et renvoyez surtout des fichiers Word, Excel ou PowerPoint, avec des mises en page travaillées, vous chercherez la suite qui les reproduit le plus fidèlement. Si vous produisez surtout vos propres documents, le format importe moins, et un format ouvert devient même un avantage : il restera lisible dans vingt ans, quel que soit l’éditeur qui existera encore.
Le deuxième est le lieu de travail. Un logiciel installé fonctionne sans connexion et garde vos fichiers sur votre ordinateur ; un service en ligne vous suit sur tous vos appareils et facilite l’écriture à plusieurs, mais vos documents vivent chez l’éditeur. Le troisième, justement, est la question des données : qui héberge vos fichiers, et dans quelles conditions ?
LibreOffice : la suite libre de référence
LibreOffice est développée par The Document Foundation et distribuée gratuitement sous licence libre, pour Windows, macOS et Linux. Elle réunit six modules : Writer pour le traitement de texte, Calc pour le tableur, Impress pour les présentations, Draw pour le dessin et la mise en page, Base pour les bases de données et Math pour les formules. Son format natif est l’OpenDocument (ODT pour les textes, ODS pour les tableurs), mais elle ouvre et enregistre les fichiers Microsoft sans difficulté dans l’immense majorité des cas.
C’est aussi la suite retenue par l’administration : elle figure dans le socle interministériel de logiciels libres, la liste des logiciels libres recommandés aux services de l’État et publiée par la direction interministérielle du numérique. Ses limites sont connues : les macros écrites pour Excel ne fonctionnent pas telles quelles, et un document Word très chargé en mises en forme peut bouger de quelques lignes. Pour un usage personnel, associatif ou de petite entreprise, elle couvre largement les besoins.
OnlyOffice : pour ceux qui échangent surtout des fichiers Microsoft
OnlyOffice Desktop Editors, édité par la société lettone Ascensio System, est gratuit pour un usage personnel et disponible sur Windows, macOS et Linux. Sa force est d’avoir été conçu autour des formats DOCX, XLSX et PPTX : les documents Microsoft s’y ouvrent avec une mise en page souvent plus fidèle que dans LibreOffice, et son interface à rubans déroute moins un habitué de Word. Il lit aussi les formats OpenDocument. En contrepartie, il est moins complet que LibreOffice pour les usages avancés, et n’a pas d’équivalent aux modules de dessin ou de base de données.
Word, Excel et PowerPoint en ligne : la version gratuite de Microsoft
On l’oublie souvent : Microsoft propose gratuitement Word, Excel et PowerPoint dans le navigateur, avec un simple compte Microsoft et 5 Go de stockage OneDrive. La compatibilité avec les fichiers Microsoft y est évidemment parfaite, ce qui en fait la solution la plus sûre pour relire ou corriger un document reçu d’une entreprise. En revanche, les fonctions avancées des versions installées (certaines mises en page, macros, outils d’analyse d’Excel) manquent, il faut une connexion, et vos documents sont stockés sur les serveurs de Microsoft.
Google Docs : l’écriture à plusieurs
Documents, Sheets et Slides, les outils bureautiques de Google, fonctionnent dans le navigateur avec un compte Google, et leur stockage est partagé avec Gmail et Google Photos dans l’espace gratuit du compte. Leur point fort reste la collaboration : plusieurs personnes écrivent en même temps, voient les modifications des autres et commentent. Pour un compte rendu de réunion ou un tableau d’inscriptions, c’est souvent le plus simple. Pour un document à la mise en page soignée, l’export vers Word ou PDF demande une vérification.
CryptPad : collaborer sans confier ses textes en clair
CryptPad est une suite collaborative libre, développée en France, qui chiffre les documents de bout en bout : le serveur qui les héberge ne peut pas les lire. Elle propose textes, tableurs, présentations, formulaires et tableaux de tâches, utilisables sans compte ou avec un compte gratuit sur l’instance publique. Elle est moins riche que les suites classiques, mais c’est l’option à retenir pour rédiger à plusieurs un document sensible sans le déposer chez un géant du numérique.
Notre comparatif en un coup d’œil
| Suite | Où elle fonctionne | Compatibilité Microsoft | Vos fichiers | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| LibreOffice | installée (Windows, macOS, Linux) | très bonne | sur votre ordinateur | usage complet, hors ligne |
| OnlyOffice | installée (Windows, macOS, Linux) | excellente | sur votre ordinateur | échanges fréquents de fichiers Word |
| Microsoft 365 web | navigateur | parfaite | chez Microsoft | relire et corriger des fichiers reçus |
| Google Docs | navigateur | bonne à l’export | chez Google | écrire à plusieurs en temps réel |
| CryptPad | navigateur | correcte à l’export | chiffrés de bout en bout | collaboration confidentielle |
Comment choisir sans se tromper
Si vous travaillez seul et hors ligne, installez LibreOffice : c’est la suite la plus complète et la plus pérenne. Si vos correspondants vous envoient sans cesse des fichiers Word complexes, gardez OnlyOffice à côté, ou ouvrez-les dans la version web de Microsoft. Pour les documents d’équipe, Google Docs ou CryptPad selon le degré de confidentialité. Rien n’interdit de combiner : ce sont des outils, pas des abonnements.
Téléchargez toujours ces logiciels depuis le site de leur éditeur, jamais depuis un site de téléchargement qui ajoute son propre installateur ; notre méthode pour savoir si un site est fiable aide à reconnaître l’adresse officielle. Pour les tâches ponctuelles qu’aucune suite ne fait bien, comme compresser un PDF, voyez notre sélection d’outils en ligne gratuits indispensables. Et si vous voulez mesurer vos progrès, le test Pix présenté dans notre sélection de sites pour apprendre gratuitement évalue aussi la création de documents et le traitement de données.
Dernier conseil avant de désinstaller quoi que ce soit : ouvrez dans la suite choisie vos cinq documents les plus importants, les plus complexes, et vérifiez-les page par page. C’est la seule façon de savoir si elle convient à vos fichiers, et pas seulement aux nôtres.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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