Voir l'historique d'un site web avec la Wayback Machine

Par Agathe Morvan · Publié le

Salle d'archives en lumière d'hiver, table en bois couverte de registres reliés de cuir, empilés ou ouverts, devant des rayonnages de volumes anciens et une haute fenêtre

« Au service des lecteurs depuis 2005 », affirme la page d’accueil. Est-ce vrai ? Le site a-t-il toujours parlé de ce sujet, ou vendait-il autre chose il y a trois ans ? Pour répondre, il existe un outil gratuit que les documentalistes ouvrent par réflexe : la Wayback Machine, qui conserve des copies de pages web depuis 1996. Bien utilisée, elle dit depuis quand un site existe, ce qu’il affichait à chaque époque et s’il a changé de main. Voici comment la lire, étape par étape, et ce qu’elle ne peut pas montrer.

Étape 1 : taper l’adresse et lire le calendrier

La Wayback Machine est un service de l’Internet Archive, une bibliothèque numérique à but non lucratif installée à San Francisco, qui annonce l’historique de plus de mille milliards de pages web. Saisissez dans le champ de recherche l’adresse du site, sans rien d’autre. S’affichent alors une frise par année, dont la hauteur des barres traduit le nombre de captures, et un calendrier où chaque capture est marquée d’un point.

Premier renseignement, et souvent le plus parlant : la date de la plus ancienne capture. Elle ne prouve pas la naissance du site, qui a pu exister quelques mois avant d’être archivé, mais elle fixe une date au plus tard. Un site qui se dit vieux de vingt ans et dont la première capture remonte à l’an dernier doit s’expliquer, comme nous le soulignons dans notre méthode pour savoir si un site est fiable.

Étape 2 : comparer les époques

Ouvrez une capture ancienne, puis une récente, puis une ou deux intermédiaires. Vous naviguez dans la copie comme dans un site vivant, en cliquant de lien en lien, tant que les pages ont été archivées. Trois choses méritent votre attention. Le sujet : un « média indépendant » qui publiait des codes promo il y a deux ans n’est pas forcément malhonnête, mais il a changé de modèle. L’éditeur : ouvrez les mentions légales de chaque époque, elles révèlent souvent un rachat. Les trous : une longue période sans capture, suivie d’un site entièrement différent, signale souvent un nom de domaine expiré puis repris pour profiter de son ancienneté.

Pour un outil en ligne, ce contrôle est particulièrement utile. Un convertisseur gratuit apparu il y a trois mois sous un nom qui imite un service connu doit vous faire reculer, pour les raisons que nous détaillons dans notre article sur la façon de convertir un PDF en Word gratuitement.

Ce que l’archive ne montre pas

L’Internet Archive le dit dans sa page d’information sur la Wayback Machine : elle ne collecte que les pages publiquement accessibles. Rien de ce qui se trouve derrière un mot de passe ou un formulaire n’y figure ; certains sites en sont exclus par leur fichier robots.txt ou à la demande de leur propriétaire ; et les pages dynamiques perdent leurs fonctions, puisque les formulaires et les scripts qui interrogent le site d’origine ne fonctionnent plus dans la copie. Les captures sont enfin irrégulières : quotidiennes pour un grand média, espacées de plusieurs mois pour un petit site.

Conséquence pratique : l’absence d’une page dans l’archive ne prouve pas qu’elle n’a jamais existé. La présence d’une copie, en revanche, est un témoignage daté difficile à contester.

Garder vous-même une trace

La Wayback Machine ne fait pas qu’archiver : elle vous laisse archiver. La fonction Save Page Now enregistre la page dont vous donnez l’adresse, avec ses images et sa mise en forme, et vous rend aussitôt une adresse permanente. Elle ne sauvegarde qu’une page à la fois, pas le site entier, et l’Internet Archive indique ne pas conserver l’adresse IP de la personne qui demande l’enregistrement. C’est le bon réflexe avant qu’une page ne change : conditions d’une offre, promesse d’un service gratuit, déclaration publique.

Pour le web français, une seconde mémoire existe : au titre du dépôt légal, la BnF archive les sites en .fr et bien d’autres. Ses archives de l’internet ne sont toutefois pas en ligne, par respect du droit d’auteur : on les consulte dans les salles de recherche de la BnF et dans certaines bibliothèques en région. La BnF, qui publie aussi Gallica, figure en bonne place parmi nos sites officiels gratuits à connaître.

La prochaine fois qu’un site vous semble trop sûr de son ancienneté, ouvrez son calendrier dans la Wayback Machine avant de lui confier quoi que ce soit : trente secondes suffisent pour voir si son histoire tient debout.

Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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