Format ODT, c'est quoi ? Ouvrir, convertir et partager
Le compte rendu de l’association arrive en pièce jointe, et son nom se termine par « .odt ». Double-clic : selon votre ordinateur, le fichier s’ouvre sans histoire, s’ouvre avec une mise en page un peu bousculée, ou ne s’ouvre pas du tout. Ce n’est ni un virus ni un format exotique : c’est le format de texte des suites bureautiques libres, et un format de document normalisé au niveau international. Voici ce qu’il y a derrière ces trois lettres, pourquoi l’administration française le recommande, et comment l’ouvrir, le convertir ou choisir entre ODT et DOCX au moment d’envoyer.
Un format ouvert, normalisé, lisible par tous
ODT signifie OpenDocument Text. C’est le volet « traitement de texte » d’une famille de formats, l’OpenDocument Format ou ODF, qui compte aussi l’ODS pour les tableurs, l’ODP pour les présentations et l’ODG pour les dessins. Il est développé par un comité technique de l’OASIS, un consortium international de normalisation : adopté comme standard OASIS en 2005, il est devenu norme ISO l’année suivante. Le comité OpenDocument de l’OASIS retrace les versions suivantes : la 1.2, publiée comme norme ISO en 2015, puis la 1.3, standard OASIS depuis juin 2021.
« Ouvert » a ici un sens précis : la spécification est publique, et n’importe quel éditeur de logiciel peut la mettre en œuvre sans licence ni autorisation. C’est le format natif de LibreOffice, la suite libre de notre comparatif des alternatives gratuites à Microsoft Office. Techniquement, un fichier ODT est une archive ZIP qui contient des fichiers XML, du texte structuré. Faites l’essai sur une copie : renommez-la en « .zip » et ouvrez-la, vous y trouverez un fichier content.xml qui renferme tout le texte du document. C’est une assurance précieuse le jour où un fichier refuse de s’ouvrir.
Pourquoi l’État le recommande
Le référentiel général d’interopérabilité, publié par la direction interministérielle du numérique et rendu officiel par un arrêté d’avril 2016, fixe les formats que les administrations doivent privilégier pour échanger entre elles et avec le public. L’ODF y est classé « recommandé », quand l’OOXML, la famille de formats à laquelle appartiennent les fichiers Word récents, n’est qu’« en observation ». Le référentiel pose une règle simple : le PDF pour les documents qui ne doivent plus être modifiés, l’ODF pour ceux qui le peuvent. Il le retient aussi pour l’archivage des documents qui contiennent des calculs, comme un tableur.
La raison est la même que pour vos propres fichiers : un format dont la spécification est publique restera lisible dans vingt ans, même si l’éditeur du logiciel qui l’a produit a disparu.
Ouvrir un fichier ODT, avec ou sans LibreOffice
La solution la plus fidèle reste LibreOffice, gratuit sur Windows, macOS et Linux : le document s’y affiche exactement comme son auteur l’a mis en page. Vous y profiterez au passage du correcteur libre Grammalecte, présenté dans notre comparatif des correcteurs orthographiques gratuits en ligne.
Word sait aussi ouvrir ces fichiers. La page d’assistance de Microsoft décrit la manœuvre : Fichier, Ouvrir, Parcourir, puis choisir « OpenDocument Text » dans la liste des types de fichiers. Elle prévient que la mise en forme peut différer de l’original, parce que les deux logiciels ne gèrent pas toutes les options de la même manière. Google Docs, enfin, importe les fichiers ODT déposés dans Google Drive.
ODT ou DOCX : que choisir au moment d’envoyer ?
Posez-vous une seule question : que va faire le destinataire du fichier ? S’il doit seulement le lire ou l’imprimer, envoyez un PDF, que tous les appareils affichent à l’identique ; c’est aussi, à l’inverse, le format qu’on regrette le plus de recevoir quand il faut le modifier, comme nous l’expliquons à propos de la manière de convertir un PDF en Word gratuitement. S’il doit le modifier et travaille avec LibreOffice, l’ODT convient parfaitement. S’il travaille sous Word et que le document est chargé en mise en forme, un DOCX lui évitera des surprises : LibreOffice l’enregistre sans difficulté.
Microsoft donne un conseil de bon sens pour les documents qui passent d’un logiciel à l’autre : rédiger d’abord, mettre en forme à la fin, et rouvrir le fichier avant de l’envoyer pour vérifier son allure. Et si vous hésitez à confier une conversion à un site en ligne, relisez les critères de notre sélection d’outils en ligne gratuits indispensables : pour un format que votre propre suite lit et écrit, aucun intermédiaire n’est nécessaire.
Un dernier réglage vaut le détour : dans les options d’enregistrement de votre traitement de texte, choisissez une fois pour toutes votre format par défaut, plutôt que de le subir à chaque fichier.
Cet article a été rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle.
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